Chingwell Mutombu

Chingwell Mutombu

Aider les autres à réaliser leur potentiel

L’histoire de Chingwell Mutombu commence quelques années avant sa naissance, à l’époque où un certain étudiant de l’Iowa voyage à la République démocratique du Congo pour mener des recherches pour sa thèse de doctorat sur l’histoire de la tribu Lunda. Il se lie d’amitié avec un jeune homme congolais de son âge qui veut devenir enseignant, mais qui, malheureusement, n’a pas les moyens de faire des études.

Impressionné par l’intelligence et l’objectif de son ami, dès son retour dans l’Iowa, l’étudiant propose à son église de parrainer l’homme congolais et sa famille pour qu’il poursuive ses études dans une université locale. Sous ce parrainage, la famille Mutombu s’installe dans l’Iowa et participe pleinement dans la communauté de l’église. A la naissance de Chingwell, troisième enfant de la famille, un membre du conseil de l’église devient sa marraine. A l’âge de deux ans, Chingwell retourne au Congo avec sa famille.

Grandissant dans une partie reculée du pays, sans accès à des routes ou à de nombreux services, Chingwell a remarqué l’autosuffisance et l’esprit d’initiative des gens. Les femmes se levaient tôt chaque matin pour aller travailler dans le jardin, puis se dirigeaient vers le marché pour le commerce. Les marchés étaient un centre social, et les gens utilisaient le troc et d’autres moyens créatifs pour subvenir aux besoins de leurs familles.

A l’âge de 17 ans, Chingwell a déménagé dans l’Iowa. Sa marraine lui avait laissé un legs pour payer ses études à Luther College. Chingwell a commencé des études préparatoires de médecine, puisque devenir médecin lui semblait la façon la plus directe de réaliser son grand désir d’aider les femmes et les enfants. Cependant, au cours d’une conversation avec un ami, elle a réalisé que devenir médecin n’était pas le seul moyen d’aider les gens. Elle a donc changé son objectif et elle a obtenu son diplôme en 2000 avec une triple spécialisation en sciences politiques, en français et en études internationales.

Chingwell reconnaît le besoin du soutien des autres : « D’autres ont vu le potentiel en moi et m’ont aidée à réaliser mes rêves. Ma mission est de faire la même chose pour les autres. »

Après avoir obtenu son diplôme de collège universitaire, Chingwell a déménagé dans le New Jersey, où elle est diplômée de l’Université Seton Hall, titulaire d’une maîtrise en administration publique et en relations internationales. Lors d’une visite de classe aux Nations Unies, elle a eu une autre épiphanie : plutôt que de travailler dans une grande organisation, elle voulait aider les gens directement.

C’était au cours de son prochain emploi, comme inspectrice de programme à United Neighborhood Houses of New York, un réseau d’organismes à but non lucratif, que Chingwell a commencé à concevoir ce qui allait devenir First Step Initiative. Cela a commencé par une expérience. Elle envoyait chaque mois de petites sommes d’argent à sa mère, qui devait les distribuer à des femmes pour renforcer leurs activités commerciales. Progressivement, elle a construit un portefeuille de micro-finance de 3000 $. Les petits prêts ont permis à 60 femmes de briser le cycle de la pauvreté et de payer les frais scolaires de leurs enfants.

Après avoir déménagé dans le Minnesota avec son fiancé (maintenant son mari), Chingwell a obtenu une bourse de recherche à la Fondation des Femmes du Minnesota, où elle a eu son premier contact avec le monde de la philanthropie.

Suite à une conversation au sujet de sa passion pour aider les femmes, le Directeur Général lui a présenté Diana Carter, qui avait un fonds de donateur à la Fondation pour les Femmes et un intérêt similaire. Lors d’une réunion qui a changé sa vie, Chingwell s’est épanchée auprès de Madame Carter, à propos de son rêve d’aider les femmes de son pays, et celle-ci a répondu : « Je vais vous aider à y arriver. »

Avec le soutien de Madame Carter, en 2005, First Step Initiative est devenue une organisation caritative du type 501 (c) (3) dont le but est d’aider 11.000 femmes. En tant que Directrice Générale, Chingwell s’est rendue en RDC pour jeter les bases de l’organisme et rechercher des partenaires qui auraient une présence de confiance dans la communauté. Selon Chingwell, l’argent que First Step Initiative offre est seulement une partie de la prestation. Tout aussi important est l’effort d’inspirer les femmes et de les aider à voir leur propre force.

Chingwell a toujours apprécié l’importance d’une présence sur le terrain. Cela envoie à la communauté un message puissant : « Je crois en toi. Travaillons ensemble.. »

En 2012, First Step Initiative a changé le modèle de micro-finance en faveur de l’octroi de subventions à des « merry-go-rounds, » un modèle qui a une longue histoire de succès en RDC.

Chingwell est reconnaissante des opportunités qu’elle a eues de poursuivre sa vision même à l‘époque où elle n’avait pas encore l’ensemble des compétences pour y arriver. A l’avenir, elle croit que le Conseil de First Step Initiative et les partisans aux Etats-Unis peuvent à la fois instruire et apprendre des choses par leur contact avec les femmes du Congo. Les Occidentaux trouveront beaucoup à admirer dans la résilience et l’esprit des Congolaises avec qui l’Initiative travaille.

Comme notre fondatrice, Chingwell Mutombu reste activement impliquée dans le travail de First Step Initiative.